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Organismes de quarantaine réglementés: Comprendre, surveiller et gérer les menaces

Par Spyridoula Dimitropoulou | Research Associate | AUA

Les organismes de quarantaine réglementés sont des organismes nuisibles – tels que certains insectes, pathogènes et adventices – soumis à des mesures de contrôle officielles afin de prévenir leur introduction et leur propagation. Une réglementation et une gestion efficaces de ces ravageurs sont essentielles pour maintenir la santé des plantes et garantir l'intégrité de l'agriculture. Ces mesures réglementaires jouent un rôle crucial dans la protection de l'Union européenne (UE) et de ses plantes contre les ravageurs et maladies invasifs, tout en favorisant un commerce sécurisé et en répondant aux impacts du changement climatique. Elles permettent également de renforcer la protection des paysages, forêts et espaces verts, de réduire l'utilisation de pesticides et de simplifier la documentation pour les agriculteurs et viticulteurs. Par ailleurs, elles apportent un soutien financier crucial à la surveillance, l’éradication et la lutte contre ces organismes nuisibles. Voici un aperçu de l'importance de ces réglementations et du cadre de gestion des organismes de quarantaine réglementés.

Pourquoi ces ravageurs sont-ils réglementés ? 

La réglementation des organismes nuisibles vise principalement à protéger l’agriculture, la foresterie et les écosystèmes naturels contre des dommages économiques et écologiques sévères. Voici les principales raisons pour lesquelles ces mesures sont essentielles:

  1. Prévenir les pertes économiques: Les ravageurs réglementés peuvent causer des dommages économiques considérables à l’agriculture, la foresterie et les écosystèmes. En imposant des réglementations, les autorités cherchent à minimiser les pertes potentielles de rendements agricoles et les coûts liés à la lutte contre ces ravageurs.
  2. Protéger la biodiversité: Les organismes nuisibles envahissants peuvent perturber les écosystèmes locaux et menacer les espèces indigènes. Leur réglementation permet d’empêcher leur introduction et leur propagation, préservant ainsi l’équilibre écologique.
  3. Détection précoce et réponse rapide: Une réglementation efficace repose sur la surveillance des premiers signes de présence des ravageurs. Cette approche proactive permet une intervention rapide pour les contrôler ou les éradiquer avant qu’ils ne s’établissent et se propagent, ce qui est beaucoup plus rentable que la gestion d’une épidémie à grande échelle.
  4. Faciliter les échanges commerciaux: La réglementation met en place un système de contrôle incluant les passeports phytosanitaires et les certificats phytosanitaires, afin de gérer l’introduction et la circulation des plantes et produits végétaux dans l’UE. Ce système garantit une meilleure traçabilité et protection des cultures.
  5. Sécuriser le commerce international: En régulant les ravageurs, les pays de l’UE sont protégés contre l’introduction d’organismes nuisibles via le commerce, en conformité avec les normes internationales établies par la Convention internationale pour la protection des végétaux (CIPV). Grâce aux mesures phytosanitaires, les pays peuvent empêcher efficacement l’entrée de ravageurs via les plantes et produits végétaux provenant de l’extérieur de l’UE, sur la base d’évaluations des risques approfondies et de stratégies préventives.

Quelles sont les catégories d'organismes de quarantaine réglementés ?

Le cadre réglementaire de l’UE, défini par le Règlement (UE) 2016/2031, classe les ravageurs selon leur niveau de risque et les mesures de contrôle requises. Voici un aperçu des principales catégories:

  1. Organismes de quarantaine de l’Union (QP): Ces ravageurs sont soit absents de l’UE, soit présents de manière limitée. En raison de la menace sérieuse qu’ils représentent pour la santé des plantes, des mesures d’éradication sont mises en place et leur introduction ainsi que leur propagation au sein de l’UE sont strictement interdites.
  2. Organismes prioritaires: Désignés par le Règlement délégué (UE) 2019/1702, ces ravageurs sont considérés comme particulièrement dangereux en raison de leurs impacts économiques, environnementaux et agricoles. L’UE met en place des mesures spécifiques et urgentes pour leur gestion.
  3. Organismes de quarantaine des zones protégées (PZQP): Ces ravageurs sont présents dans certaines régions de l’UE mais absents des zones protégées désignées. Des mesures particulières sont appliquées pour éviter leur propagation dans ces zones afin de les maintenir exemptes de ravageurs.
  4. Organismes réglementés non de quarantaine (RNQP): Ces ravageurs sont présents dans l’UE mais ne constituent pas une menace pour les plantes saines. Cependant, ils peuvent affecter la qualité des plantes et la production agricole, leur présence étant donc tolérée sous certaines conditions contrôlées.

Comprendre ces catégories permet de mieux saisir l'importance de la réglementation des ravageurs pour maintenir la santé des plantes, protéger la biodiversité et assurer la stabilité du commerce et de l'agriculture.

Quels sont les défis liés à la surveillance des QP et RNQP ?

Le cadre réglementaire de l’UE en matière de santé des plantes met l’accent sur la prévention, la détection précoce et la réponse rapide aux épidémies de ravageurs. Les États membres jouent un rôle clé dans la mise en œuvre de ces réglementations afin de protéger les écosystèmes agricoles et naturels de l’UE contre ces menaces.

Cependant, plusieurs défis entravent l’efficacité de la surveillance et de l’application des mesures :

  1. Difficultés de collecte des données: L'obtention de données précises et complètes sur ces ravageurs est souvent compliquée en raison des contraintes réglementaires et des systèmes de surveillance limités. Ce manque de données peut nuire à l'efficacité des stratégies de lutte.
  2. Complexité des réglementations phytosanitaires : L’enchevêtrement des réglementations en matière de santé des plantes entraîne parfois une confusion parmi les parties prenantes. Cette complexité peut engendrer des incompréhensions sur les exigences de conformité, compliquant ainsi la surveillance efficace.
  3. Limitations technologiques : Bien que les avancées en télédétection et en intelligence artificielle offrent des outils prometteurs pour la surveillance des ravageurs, leur intégration dans les systèmes existants reste un défi. De nombreux opérateurs n’ont pas accès à ces technologies ou ne sont pas familiarisés avec leur utilisation, ce qui limite leur efficacité.
  4. Allocation des ressources: Une surveillance efficace nécessite des ressources conséquentes, incluant du temps, du personnel et des investissements financiers. De nombreuses autorités compétentes peinent à mobiliser ces ressources, ce qui peut entraîner des lacunes dans la surveillance et augmenter le risque d’épidémies de ravageurs.
  5. Sensibilisation et engagement du public: Impliquer le public dans la détection et le signalement des ravageurs réglementés est un défi. Pourtant, une sensibilisation et une participation efficaces sont essentielles pour assurer une surveillance complète.

Comment STELLA répond à ces défis ?

Le projet STELLA développe un Système de surveillance des ravageurs STELLA (PSS) composé de trois sous-systèmes : 1) Un système d’alerte précoce utilisant des modèles de prévision des ravageurs et des capteurs IoT (Internet of Things), 2) un système de détection des ravageurs basé sur des drones (RPAS), la télédétection, la science participative et des pièges, et 3) un système de réponse aux ravageurs, fournissant des cartes de points chauds géolocalisés pour initier des mesures de confinement et de lutte. Compte tenu du peu de recherches menées actuellement sur la quarantaine et les organismes nuisibles réglementés, cet effort consistera à explorer des solutions de pointe et à évaluer leur efficacité. En combinant les résultats issus de ces technologies avancées, nous visons à développer des outils innovants de surveillance et de détection spécifiquement destinés aux organismes nuisibles réglementés.

STELLA testera ces solutions sur une période de quatre ans à travers six études de cas couvrant divers environnements agricoles (grandes cultures, vergers, vignobles) et des zones difficiles d’accès comme les forêts. Le projet cible huit ravageurs réglementés (RNQP et de quarantaine), parmi lesquels Verticillium dahliae, Pseudomonas savastanoi pv. savastanoi, Ceratocystis platani et Ralstonia solanacearum, et sera déployé dans quatre pays européens ainsi qu’en Nouvelle-Zélande.

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