Par Armin Werner, Conseiller scientifique principal, Lincoln Agritech
Le secteur horticole néo-zélandais, et en particulier son industrie de la pomme, reconnue à l’échelle mondiale, fait face à des défis constants pour maintenir la santé et la qualité des fruits. Pour y répondre, de nouvelles approches et des partenariats stratégiques sont nécessaires, comme ceux que Lincoln Agritech a établis dans le cadre du projet européen STELLA.
Le projet STELLA s’appuie sur des technologies numériques avancées pour développer et mettre en œuvre une gestion améliorée de la santé des plantes, incluant la détection précoce des maladies, la surveillance territoriale à grande échelle et des mesures phytosanitaires efficaces. Lors de la préparation de la proposition du projet, STELLA a pris contact avec des collègues néo-zélandais travaillant également dans ce domaine du numérique. Ainsi, la production de pommes a été intégrée au projet, créant une situation gagnant-gagnant pour le consortium européen et pour la recherche et le développement horticoles néo-zélandais.
Pour les chercheurs de Lincoln Agritech, ce projet a permis d’établir une collaboration précieuse avec des chercheurs internationaux issus de grandes universités et organismes de recherche européens. Il a également favorisé de nouvelles connexions fructueuses avec des acteurs industriels européens, tout en visant à développer des interactions similaires avec des entreprises néo-zélandaises. Pour les chercheurs européens, il ouvre la possibilité d’une complémentarité saisonnière, leur permettant de poursuivre leurs recherches pendant l’hiver européen.
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Figure 1 : Récolte des pommes à la main. Source : Paul Sutherland Photography
FOCUS SUR LA POMME
Les bases du cas d’étude “pomme” ont été posées dans la région de Hawke’s Bay, principale zone de production de pommes en Nouvelle-Zélande. Lincoln Agritech y a mené des entretiens approfondis pour évaluer les pratiques actuelles de gestion des maladies et identifier comment les outils d’évaluation des risques développés dans STELLA pourraient être utiles au secteur.
Les activités de recherche et développement de STELLA complètent un projet néo-zélandais sur la gestion des ravageurs de la pomme intitulé “Smart & Sustainable” (S&S). Ce projet, cofinancé à 40 % par le gouvernement néo-zélandais, vise à préparer l’avenir de la lutte contre les ravageurs dans l’industrie de la pomme, tout en répondant aux exigences des marchés d’exportation du pays.
DES SYNERGIES DE RECHERCHE
Reconnaissant le potentiel de synergies, les chercheurs de Plant & Food Research (Nari Williams et Peter Wood) ont invité le projet STELLA à mener ses travaux dans le cadre de leurs essais en cours sur la gestion de la maladie Neofabraea alba (responsable de la pourriture des pommes), qui font partie du projet S&S. Grâce à cette collaboration, STELLA a fourni des capteurs de pointe issus de ses partenaires industriels européens afin de collecter des spores de N. alba dans le cadre des essais, pour analyse ultérieure par PCR (réaction en chaîne par polymérase).
En complément, des capteurs optiques basés sur la caméra, fournis par la Grèce, sont utilisés pour évaluer les caractéristiques fines du couvert végétal des rangs de pommiers. Pour obtenir une vue d’ensemble complète, Lincoln Agritech a collecté des données sur les sites vergers, les pratiques culturales et des images aériennes des vergers à l’aide d’un drone, associées à des images satellites.
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Figure 2 : Cueillette des pommes en pleine floraison. Source : Paul Sutherland Photography
Les dispositifs d’échantillonnage des spores ont été spécialement conçus pour surveiller la dispersion par éclaboussures de pluie et les schémas d’infection associés à N. alba. La technologie de capteurs à caméra recueille, quant à elle, des données essentielles sur la gestion des vergers et les caractéristiques du couvert, telles que le nombre de fruits et la densité foliaire.
La première collecte de données a eu lieu au cours de la campagne 2024-2025 sur des essais de vergers déjà établis. Ces données de base servent désormais de fondement aux premières étapes du développement du modèle prédictif de risque STELLA pour N. alba, qui sera complété par les outils néo-zélandais d’évaluation et de gestion du risque. Ensemble, ils ouvrent la voie à des stratégies de gestion des maladies plus efficaces et ciblées pour l’avenir.
L'auteur reconnaît avoir utilisé une technologie linguistique basée sur l'intelligence artificielle pour soutenir la rédaction de cet article.Toute erreur ou opinion exprimée ici est la mienne.
